Notre mission :
Réaliser des projets de coopération internationale à incidence durable;

Contribuer à améliorer le mieux-être et l'autonomie des plus démunis à l'international;
Favoriser l'implication de la population locale.

Nos valeurs:
Respecter les différences culturelles;
S'adapter à d'autres façon de faire dans un partage de connaissances et de compétences.

Le rôle du Volontaire autonome:
Participer aux activités de financement, à la réalisation des projets et aux prises de décisions.

Facebook : Volontaires autonomes Abitibi-Témiscamingue

samedi 20 juin 2009

Rapport d'activités à Huamparan

Résumé des activités réalisées au cours du projet Sonrisas de los niños andinos (écoles maternelles) appuyé par les Volontaires autonomes à Huamparan

1-Problématique

Lors de son voyage au Pérou à l’hiver 2008, Daniel Gagné avait passé quelques jours de vacances dans le département d’Ancash, en compagnie de Celestina Vélasquez, originaire de cette région et propriétaire de la maison où il résidait à Collique. Celestina n’était pas retourné dans son coin de pays depuis plusieurs années et a beaucoup apprécié ce cadeau qui lui était fait. Elle n’en a pas moins remarqué la misère qui y régnait et plus particulièrement le manque d’écoles maternelles pour les jeunes enfants de Huamparan, le village natal de son mari Alejandro. Étant elle-même une des fondatrices et des piliers du mouvement pour les Casitas de Collique (Comisión central de salud), elle a tout de suite eu l’idée de répandre ce mouvement dans la sierra péruvienne.


Les Casitas sont de petites écoles maternelles mises sur pied grâce au bénévolat des parents, de quelques professeurs et de quelques fonds privés glanés ci et là au hasard des rencontres que la vie met sur notre chemin. Elles sont situées dans les zones les plus pauvres de Collique (de la cinca à la octava zona). Elles sont cinq, haut perchées dans les collines et accueillent une cinquantaine d’enfants depuis presque dix ans. D’autres activités comme des sessions sur la nutrition et des cliniques dentaires se sont greffées à l’enseignement comme tel.






Huamparan est un pueblo andino typique, comptant une population totale d’environ 20 000 habitants dispersés sur un vaste territoire peu urbanisé. Situé à 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, il bénéficie d’un climat assez frais comparé à celui de la costa péruvienne. On peut compter une heure de route pour se rendre à la seule ville d’importance à la ronde, Huari, qui avec ses 65 000 habitants, constitue la capitale de la province du même nom. La population y vit essentiellement d’une agriculture d’auto-suffisance. Une mine importante de cuivre et zinc (Antamina) est exploitée à environ 50 km de là. La distance qui sépare Huamparan de Lima est d’environ 600 km et on met plus de 14 heures dans des routes en lacets assez périlleuses, voire impraticables pendant la saison des pluies (décembre à mars), pour s’y rendre. Le développement caractéristique du XXIe siècle ne l’a pas encore atteint (par ex. : l’électricité ne s’y rend que depuis 3 ans et il n’y a aucun accès Internet ni ligne téléphonique qui la dessert).
Pourtant Huamparan a déjà été l’un des phares de la civilisation sur cette terre. Elle a connu son âge d’or au temps des pré-Incas, il y a 1 000 ans environ et on y retrouve encore beaucoup de vestiges des multiples civilisations qui s’y sont succédées depuis 3 000 ans. Entre autres, celle de Chavin, dont les temples et les monuments peuvent encore être admirés à quelques dizaines de km de Huamparan. Le fameux chemin des Incas traverse son territoire de part en part à plusieurs endroits. Des fouilles archéologiques ont permis d’en faire un site connu mondialement, mais parmi les seuls experts chevronnés. Le gouvernement péruvien a fait très peu pour y attirer le tourisme jusqu’ici. La population y parle quéchua comme langue maternelle et conserve beaucoup de vestiges de l’habillement, la cuisine, la religion et les technologies des pré-incas incorporés à ses us et coutumes quotidiens.


Contrairement à ce qui se passe à Lima, le système public domine largement la sphère de l’enseignement dans cette région. Ce système, malgré ses nombreuses lacunes, encourage les initiatives du milieu pour développer un petit réseau de maternelles locales dans les divers hameaux entourant la capitale régionale, Huari. Cette initiative est répandue à l’échelle nationale et fait partie du programme PRONOI. La direction provinciale du ministère de l’Éducation péruvien (UGEL) assure une mise à jour mensuelle aux promotoras des maternelles locales que les communautés mettent sur pied avec des moyens très limités. Enseignante bénévole scolarisée (possédant habituellement un secondaire complété), mais non diplomée qui consacre quelques demie-journée par semaine à l’éducation des jeunes enfants de trois à quatre ans.


2- Déroulement du projet

Le projet s’est déroulé du 30 mars au 9 avril, soit une période de dix jours. Deux volontaires autonomes seulement y ont participé, soit Léandre Lahaie et Daniel Gagné. Une partie de la famille de Celestina nous accompagnait afin de faciliter le contact avec les familles de Huamparan ainsi que la formation des promotoras. Outre Celestina, il s’agissait du mari (Alejandro) très connu dans le village ainsi que de Monica, la fille cadette de Celestina, assez familière avec le programme d’éducation des maternelles au Pérou. Le projet a défrayé les coûts de transport ainsi qu’une partie des frais de séjour de la famille de Celestina, sans laquelle nous n’aurions pas pu réaliser grand chose. Avant de partir pour Huamparan, Monica nous avait accompagné chez un grossiste en matériel scolaire où nous avons pu acheter du matériel pour une trentaine d’enfants (cahiers d’exercices, crayons, stylos feutres, plasticine , colle, peinture, pinceaux, effaces, feuilles de papier, etc.) à des prix bien inférieurs à ceux qui avaient cours à Huari.


Comme il n’y a pas d’hôtel ou auberge à Huamparan et comme il était pratiquement impensable de voyager aller-retour entre Huari et Huamparan chaque jour, Celestina nous a trouvé un logement chez la nièce de son mari. Ce qui nous a permis d’être rapidement fonctionnel dans ce milieu et d’être mieux accepté de lui. Cependant les conditions de logement étaient inconfortables compte tenu du climat froid et humide en cette fin de saison des pluies et ont favorisé l’apparition d’infections respiratoires chez nos deux volontaires. L’alimentation était plus que frugale et, sans la débrouillardise de Celestina pour trouver des victuailles permettant de varier et enrichir le garde-manger de notre famille d’accueil, nous aurions probablement commencé à souffrir de malnutrition au bout de notre court séjour, malnutrition qui est le lot de plusieurs enfants du village pendant cette saison des pluies où on ne mange pratiquement que des patates pendant 4 mois d’affilée. Nous avons même vu des enfants fouiller dans nos poubelles pour s’y empiffrer de pelures de pommes que nous y avions déposées…


Avant d’arriver sur place, les contacts que Celestina avaient entretenus en 2008 avec certaines intervenantes du village, nous avaient permis de planifier un projet de construction ou rénovation d’une petite école maternelle pour une quinzaine d’élèves. Cependant, une fois rendu sur place les choses se présentèrent différemment. La professeure qualifiée (Yessica, une religieuse née à Huamparan mais appartenant à une congrégation italienne) qui avait accepté de faire la classe bénévolement en 2008 s’était trouvée un emploi d’enseignante au primaire à l’école du village et avait abandonnée son projet. Sa sœur cadette (non diplomée) l’avait remplacée au pied levé en cours d’année, mais avait dû interrompre l’enseignement pour terminer sa grossesse et s’occuper de son jeune bébé. Elle était cependant maintenant prête à reprendre les cours dans un local aménagé à même sa maison. Elle attendait de nous une aide au niveau du matériel scolaire, des outils pédagogiques ainsi qu’un salaire annuel.

Avec l’aide de Celestina et de son cousin Ricardo (professeur au primaire dans la région de Huari), nous avons ensuite organisé une première rencontre de parents. Les parents (une vingtaine au total) présents ont bien apprécié la traduction que Ricardo a faite en quéchua des explications données en castellano par Celestina, Monica et Daniel. Nous n’avons pas mis longtemps à comprendre que la maternelle mise sur pied l’an dernier par la sœur Yessica était loin de combler les besoins pour l’ensemble de cette communauté. En fait les gens d’en-bas (abajo) se sentaient délaissés par les gouvernements et reprochaient aux gens d’en-haut (arriba) de s’accaparer tous les services mis à la disposition du village. Or le projet de Yessica s’adressait aux gens d’en-haut.


Une simple marche entre l’école de Yessica et le centre du village nous a permis de réaliser que les distances entre les extrémités de cette communautés étaient telles qu’il était impensable de demander à de jeunes enfants de 3 ou 4 ans de les franchir matins et soirs, sans parler des dénivellations importantes entre les deux. Nous avons vite réalisé que Huamparan était en fait un amalgame de petites localités assez distantes les unes des autres et portant chacune un nom différent. Ainsi, les gens d’en-haut vivaient à Romero (ou César Romero), les gens d’en-bas, à Ogopampa et ceux du milieu, à Vista alegre. Tous ces lieu-dits étaient assez éloignés du village à proprement parler (un à deux kilomètres de distance, pour un écart total d’environ quatre km entre les extrêmes). Une dénivellation d’au moins 150 m existait entre la partie haute et la partie basse de la vallée où s’accroche la communauté entière de Huamparan entre deux chaînes de montagnes très élevées.


Aussi, compte tenu du caractère assez précaire de la maternelle de Romero ainsi que de l’impossibilité de desservir l’ensemble des enfants à partir d’une seule école qui y serait située, nous avons convenu tous ensemble (les Volontaires, Celestina, Ricardo et les représentants des parents) de mettre sur pied trois écoles à Huamparan au lieu de se contenter d’en consolider une seule. Évidemment avec le budget (environ 4 400 $ CDN) et le temps (environ deux semaines) dont nous disposions, il n’était pas question de construire ces trois écoles. La formule de Romero, soit l’aménagement d’un local dans une résidence privée, nous est apparue comme la seule possible. Ainsi au cours de cette première réunion, nous avons pu trouver deux familles qui acceptaient de mettre une salle de leur maison à notre disposition. Il faut dire que les maisons sont assez vastes à cet endroit et que les gens vivent et cuisinent beaucoup à l’extérieur. Aussi nous n’avons pas eu l’impression de forcer ces familles à vivre à l’étroit pour nous accommoder. Restait à trouver des professeurs pour les deux autres maternelles. Il n’y avait personne de qualifié à Huamparan, mais parmi les mamans présentes à la rencontre certaines étaient plus scolarisées (cours secondaire partiellement complété) et disponibles pour assurer une demi-journée de classe par semaine. Ce seront nos promotoras. Ricardo et sa femme (Clorinda) ont accepté de coordonner l’enseignement. Tous deux travaillent déjà dans des écoles pas très loin de Huamparan. À la fin de leur journée de travail, une fois par semaine ou au besoin, ils feront la tournée de nos trois enseignantes pour harmoniser et guider leur travail quotidien. Nous avons également précisé que les écoles ne pourraient pas fonctionner sans la collaboration des parents (aide pour l’aménagement des locaux et de l’ameublement scolaire). Celestina désirait voir les trois écoles fonctionner avant notre retour à Lima vers la fin de la semaine suivante. Une course contre la montre s’engageait pour tout le monde. Un petit loyer mensuel sera accordé à chaque famille hôtesse à même le budget du projet.


Deux jours plus tard, nous avons réuni les parents de jeunes enfants du secteur Romero pour former un comité d’école et leur expliquer le fonctionnement de la maternelle de ce secteur pendant l’année courante. Nous avons ensuite sélectionné les dix élèves qui constitueraient la classe de maternelle à cet endroit. Nous avons ensuite organisé une petite fête pour les enfants (bonbons, ballons, eaux gazeuses, etc.) au cours de laquelle nous leur avons distribué le matériel scolaire à chaque enfant ainsi que présenté les articles d’usage commun qui demeureraient dans le local de classe. Pour être éligibles, les enfants devaient avoir au moins trois ans et au plus quatre ans. Les enfants présents répondant aux critères ne dépassaient pas le nombre maximal par classe que nous avions fixé à environ dix (pour éviter une surcharge de l’enseignante et assurer un enseignement de qualité).




Le lendemain, nous avons fait une semblable réunion pour les parents du secteur Vista alegre (en avant-midi) et ceux de Ogopampa (en après-midi). Des comités de parents (trois par secteur) furent formés et dix élèves furent sélectionnés pour chacune des deux classes. Les petites fêtes eurent également lieu par la suite.




Quelques jours plus tard, nous avons rencontré les trois promotoras pour leur expliquer le fonctionnement des écoles ainsi que leur distribuer un peu de matériel pédagogique afin d’orienter leur travail. Monica et moi avons dû fabriquer une partie de ce matériel à partir de documents utilisés dans la classe de Joseph (le fils de Monica) à Lima. Le reste du matériel sera envoyé de Lima après notre retour, car il n’y avait rien de disponible en ce sens dans les librairies de Huari, ni à la direction locale de UGEL. Nous leur avons aussi transmis des feuilles d’évaluation individuelle pour chaque élève telles que nous les ont présentées les responsables de la pédagogie des maternelles à l’UGEL de Huari. Nous leur avons également expliqué qu’elles ne recevraient pas un salaire mais plutôt un dédommagement pour leur peine. Ce montant, minime au début, serait augmenté graduellement au fur et à mesure qu’elles démontreraient de l’intérêt pour leur tâche, selon l’évaluation de Ricardo, Clorinda et Celestina.

Ensuite nous nous sommes attelés à la tâche de construire des bancs et de petites tables pour permettre aux enfants d’effectuer les travaux scolaires dans chacune des écoles. Nous avons dû acheter des planches d’eucalyptus grossièrement taillées et, avec la collaboration de quelques pères de familles ainsi que les outils rudimentaires apportés de Lima, construit suffisamment de bancs pour deux écoles (les parents de la troisième école nous avaient dit pouvoir s’organiser seuls avec la fabrication des bancs). La construction des tables fut plus ardue compte tenu de la qualité du bois dont nous disposions et du fait que nous n’avions pas les outils adéquats pour le travailler. Nous avons donc embauché un menuisier professionnel équipé d’outils électriques pour rectifier et aplanir le bois afin de fabriquer les tables. Il nous a paru remarquable de constater que les familles locales ne disposaient même pas d’un marteau ou d’une égoïne pour travailler le bois. Il a fallu aller magasiner à Huari (deux heures rien que pour le trajet aller-retour) pour obtenir de simples clous!


Le problème majeur à solutionner pour l’aménagement des locaux fut l’amélioration de l’éclairage. Il n’y avait qu’une petite ampoule de 50 W au plafond pour éclairer des pièces de 25 à 30 m2 environ dont les murs, le plancher et le plafond étaient très sombres (terre battue), dépourvues de fenêtres et laissant entrer un tout petit peu de lumière du jour par une petite porte (1,5 m2) sans fenêtre. Après avoir visité toutes les quincailleries de Huari, force nous fut de constater qu’on ne pouvait trouver d’ampoules d’intensité supérieure à 100 W dans ce pays où l’électricité coûte très cher. Pour arriver à augmenter l’illumination des pièces, il ne nous restait plus qu’à augmenter la réflexion lumineuse des parois. Il a fallu trouver une peinture adéquate (imprimante) qui pouvait être posée directement sur les murs de boue séchée puis installer une toile de plastique blanc au plafond (fait de madriers et de tiges d’eucalyptus tressées). Avec une ampoule de 100 W et la porte ouverte, cela donnait l’éclairage minimum requis pour lire et écrire sur les pupitres que nous avions fabriqués et peints avec la collaboration des parents. Le 7 avril, il ne restait plus qu’à convoquer les enfants en classe.


Les 7 et 8 avril, nous avons visité les trois écoles et pu constater l’enthousiasme des promotoras et des enfants pour leur mission. Même avec très peu de moyens, les enseignantes arrivaient à captiver l’intérêt des enfants qui s’intégraient très bien dans ces locaux et avec ces gens de leur propre communauté. Leur souhait le plus cher serait qu’on leur construise de vraies petites écoles l’an prochain. Plusieurs membres de la communauté sont prêts à concéder des terrains pour y héberger les écoles. Nous leur avons dit que l’important pour l’immédiat était de consolider les trois classes et de prouver que la communauté pouvait bien les faire fonctionner. Pour notre part, nous nous sommes engagés à chercher des sources de financement pour assurer sinon la construction, du moins le fonctionnement des trois escualitas.


Trois évaluations formelles sont prévues en cours de route lorsque Celestina se rendra sur place vérifier les progrès des élèves et des promotoras. Une fiche individuelle sera remplie pour chacun des élèves lors de son admission dans les classes et sera complétée à chaque trimestre afin de vérifier ses forces et faiblesses par rapport au programme d’acquisition de compétences an niveau maternelle de UGEL. Le comité de parents se réunira au besoin pour discuter des projets particuliers soumis par les promotoras ou pour discuter avec les coordonnateurs de l’enseignement du parcours général des élèves ou des professeurs. Des demandes de financement supplémentaires, si nécessaires, seront soumises par Celestina directement aux Volontaires autonomes (Daniel Gagné) au Québec. Une marge de manœuvre (voir budget en annexe) a d’ailleurs été conservée à même les fonds recueillis en 2008 et dédiés à la réalisation de ce projet (incluant 600 $ pour les augmentations du dédommagement prévu pour les promotoras)




3- Collaboration avec d’autres organismes

1- SUCO
Sur place pendant notre séjour à Huari, nous avons rencontré M. Pedro Estrada, coordonateur des projets de SUCO dans la région d’Ancash (le seul département du Pérou où SUCO finance des projets d’intervention). Cet organisme canadien a eu un projet impliquant deux coopérants à Huamparan en 2007-08. Ce projet portait sur la nutrition et essayait d’optimiser les programmes nationaux de distribution alimentaire mis en place par le gouvernement péruvien (PRONAI et Vaso de leche). Des spécialistes en alimentation ont monté et diffusé dans la population des conseils sur l’alimentation des tout-petits, notamment en utilisant les nombreux légumes et céréales qui se cultivent depuis des temps immémoriaux dans cette région. Actuellement, une organisatrice communautaire (Vertila Malque) péruvienne du Puesta de salud de Huamparan poursuit le travail d’animation des parents au sujet de l’alimentation des enfants qui, dans ce secteur, souffrent souvent de malnutrition et de carences alimentaires. Nous avons rencontré Vertila lors d’une clinique de prise de sang au Puesta de salud et elle nous a assuré qu’elle entrerait en contact avec les trois promotoras dans les secteurs de Roméro, Vista alegre et Ogopampa pour rayonner davantage encore dans le milieu et si possible, permettre l’accès au programme Vaso de leche pour les enfants fréquentant nos maternelles.

2- UGEL

En plus, de la mise à jour mensuelle auprès des promotoras via le programme national péruvien PRONOI, nous avons commencé des démarches afin de faire reconnaître notre projet par UGEL. Ce projet portera le nom de Sonrisas de los niños andinos (Sourires des enfants andins). Celestina, Yessica (la religieuse), Daniel Gagné et Ricardo Asuncios en seront les responsables. Nous envisageons de demander un statut légal pour cette organisation. Un projet de charte a été rédigé par Yessica et modifié pour nos besoins. Une rencontre avec un notaire est prévue pour la faire enregistrer légalement. Si l’organisme est reconnu par UGEL, nous aurons accès aux programmes d’aide gouvernementaux (PRONOI et Vaso de leche).

3- Antamina

Dans le département d’Ancash, à quelques dizaines de km de Huamparan à vol d’oiseau, se trouve l’une des plus grosses mines du Pérou, près du village de San Marcos. Il s’agit d’Antamina, mine polymétallique (zinc et cuivre majoritairement)
En quelques chiffres : cette mine est l’une des plus grosses mines de zinc au monde, a nécessité un investissement de 2,5 milliard U$, produit 360, 0000 tonnes de concentré/jour et emploie plus de 1 400 travailleurs, la presque totalité péruviens. propriété de multinationales étrangères. Cette entreprise se fait un devoir d’investir une partie de ses profits annuels dans divers projets d’aide aux communautés locales qui l’entourent. Plus d’une centaine de millions de U$ ont été ou seront investis dans divers projets municipaux du département d’Ancash. Nous avons l’intention d’entrer en communication avec les responsables des programmes sociaux d’Antamina, via l’un de ses actionnaires principaux Xstrata, qui possède également la fonderie Horne à Rouyn-Noranda. En 2009-20010, nous essaierons de les convaincre d’investir dans le projet d’écoles maternelle à Huamparan.


4-Liste des représentants et participants au projet


a- Comité de direction du projet :


Coordonatrice générale: Celestina Vélasquez de Lima, administratrice de l’organisme Comisión central de salud à Collique
Coordonateur local et responsable des finances: Ricardo Ibarra-Asencios, de Huari, professeur au primaire
Coordination pédagogique : Ricardo Ibarra-Asencios et son épouse Clorinda Asuncios Aguerra
Financement: Volontaires autonomes (Daniel Gagné et Léandre Lahaie)

b- Promotoras

Secteur Cesar Romero : Faustinia Sisfuentes Asencios
Secteur Vista alegre: Carmen Rosa Rioscerna
Secteur Ogopampa: Rufina Flor Cisneros Asencios

c- Comité de parents et élèves

Secteur Cesar Romero:
Comité de parents: Ana Ortega Calderon et Sonia-Edith Catire Huertas
Élèves: Cayan Calderon Tolentino, Wilfredo Tocutinon Asencios, Elsa Blas Gonzales, Deysi Jara Gonzales, Telma Valverde Tolentino, E. Delverto Ortega, Wilfredo Sifuentes Trujillo, Jesus Blas Ortega, Abel Valverde Asencios, Yober Gonzales Eugenio, Jannpier Gonzales Eugenio, Yaly Domingo GonzalesSecteur Vista alegre

Comité de parents: Feliciana Herrera Trujillo, Lucia Chavez Araindia
Élèves: Josepha Araindia Rios, Nancy Karina Benites, Canica Espinoza Chavez, Lux Mayumi Asencios Blas, Yomar Cafu Asencios Rios, Romario Asencios Herrera, Maristel Maruja Calderon Blas, Magda Jobita Trujillo Cifuentes, Jerfeson Yersy Jara Parada, Luz Clarita Cisneros Pnedo, Yovaly Nely Cisneros Pinedo

Secteur Ogopampa

Comité de parents: Prudencia Cisneros Asencios, Isaura Bello Robles
Élèves: Franky Cisneros Bello, Jener Calderon Muñoz, Jianmarcos Huertas Cisneros, Jordan Huertas Cisneros, China Amelia Pinedo Aurocano, Ronri Ayaia Asencios, Iris Trujillo Cisneros, Cristian Sisfuentes Conauti, Lizbeth Bargas Balabarca, Yeral Argusto Pinedo.

Ententes convenues:

La coordonnatrice générale ainsi que le coordonnateur local ont tous deux signé une entente les engageant à utiliser les fonds déposés dans leur compte de banque personnel par les Volontaires autonomes uniquement pour le paiement des dépenses reliées au projet Sonrisas de los niños andinos à Huamparan (voir copies en annexe).

Chaque promotora a signé une entente l’engageant à remettre au projet Sonrisas de los niños andinos tous les articles et le mobilier scolaire fourni par les Volontaires autonomes advenant une fermeture de son école pour une raison ou une autre.

Rapport d'activités à la maison des femmes

Résumé des activités réalisées au cours du projet Casa de acogida Rosa Lluncor appuyé par les Volontaires autonomes à Collique (Lima, Pérou) en 2009


1- Problématique

La violence physique et psychologique faite aux femmes et aux enfants est un problème important au Pérou. Une étude menée sous l’égide de l’ONU dans plus de 80 pays répartis sur tous les continents au début des années 2000 a démontré que le Pérou venait en tête de liste mondiale par rapport à ce problème. Peut-être est-ce la raison qui a poussé le gouvernement péruvien à créer un ministère de la Femme dans son cabinet? Cependant, il n’appuie et ne met sur pied que très peu de maisons d’accueil pour femmes violentées. Par exemple, dans tout Lima il n’en existe que huit, desservant une population de près de neuf millions d’habitants, soit une pour 1 250 000 habitants. En dehors de Lima, il existe très peu de ces maisons d’hébergement, même si la violence conjugale y est pire encore.

Dans le secteur de Collique œuvre une ONG péruvienne dont la vocation est d’aider les femmes péruviennes à se sortir de l’état d’infériorité où elles se trouvent par rapport aux hommes. Cet organisme se nomme l’ Asociación para el Desarollo Humano (APDH). Il est affilié avec l’organisme mère qui se trouve en Espagne. L’APDH œuvre dans divers domaines, allant de la prévention primaire (promotion de législation favorisant l’émancipation des femmes) jusqu’à la prévention tertiaire (accueil de femmes violentées).

Au Pérou, il existe une loi qui oblige chaque municipalité à mettre un local à la disposition des citoyens pour des rencontres ou du travail communautaire. Souvent ces maisons sont celles qui ont été saisies par le ministère de la Justice parce qu’elles appartenaient à des trafiquants de drogues. Ces maisons deviennent alors la propriété de l’État qui les prête ensuite aux municipalités, lesquelles les convertissent en locaux communautaires. C’est ce qui est arrivé dans le cas de la maison Rosa Lluncor, prêté à l’APDH par la municipalité de Comas (faisant partie du grand Lima) au début des années 2000. Soutenues par des fonds provenant de l’Université et la mairie de la Mancha en Espagne, les administratrices de l’APDH ont aménagé l’ancien laboratoire de drogue de la rue Micaëla Bastida dans la zone quatre de Collique en maison d’hébergement pour femmes violentées.

Cette maison accueille des familles (mères et enfants) victimes de violence conjugale venant d’un peu partout au Pérou. En plus de l’hébergement, elle peut apporter du soutien psychologique, juridique, financier, alimentaire, éducatif et des soins primaires de santé à environ 25 personnes à la fois. Les familles y sont hébergées pour une période maximale de 3 mois, pendant lesquelles la mère devra entamer une poursuite légale contre son agresseur, se chercher un logement convenable pour elle et ses enfants, travailler sur son estime de soi et sur sa propre résilience face aux situations de violence, se chercher du travail, un soutien financier ou une formation lui permettant d’assurer l’autonomie financière de sa famille (au Pérou l’assistance sociale étatique ne fournit aucun apport financier). Tout le long de ses démarches, la mère sera appuyée par les professionnelles de l’APDH (travailleuses sociales, psychologues, infirmières, aides juridiques, etc.) qui la suivront non seulement pendant son séjour à la Casa Rosa Lluncor mais aussi pendant les premiers mois où elle commencera sa nouvelle vie de chef de famille monoparentale.


L’APDH reçoit très peu d’aide du gouvernement péruvien ou de la municipalité. Elle doit compter sur des campagnes de financement populaire et la contribution d’organismes philantropiques ou religieux pour trouver les fonds nécessaires au fonctionnement de la Casa Rosa Lluncor ainsi qu’à ses autres activités. Depuis un an, sa situation financière est particulièrement précaire car l’Espagne a cessé son soutien depuis l’automne 2008. Les administratrice de l’APDH ont dû couper dans les services offerts aux familles hébergées ainsi que diminuer leur capacité d’accueil, tout en menant diverses actions pour obtenir du financement de la part du ministère de la Femme, de la paroisse de Collique ainsi que de la municipalité de Comas qui ont formé ensemble un comité de survie de la Casa Rosa Lluncor.

En 2008, six Volontaires autonomes, guidés par le curé de Collique, un Québécois de souche, le padre Claude Chouinard, ont appuyé le projet de la Casa Rosa Lluncor en construisant une clôture de ciment autour de la cour extérieure de la maison et en ajoutant un deuxième étage au-dessus. Cet étage supplémentaire sert à loger les divers ateliers menés par les intervenantes de la Casa ainsi qu’à augmenter ses capacités de services d’hygiène (toilettes, lavabos et douche). En cas d’urgence, il pourra également servir à l’hébergement de familles.

En 2009, sept Volontaires autonomes sont retournés à la Casa pour refaire le toit qu’ils avaient construit l’an dernier (car il manquait d’étanchéité) et accomplir divers travaux de sécurisation et d’entretien de la bâtisse.


1- Déroulement des activités

À compter du mois d’octobre 2008, les Volontaires autonomes, à ce moment composés de 7 membres, se réunissent pour discuter du projet de la Maison de la Casa Rosa Lluncor. Par la suite, 6 autres personnes joindront le groupe des Volontaires autonomes et trois autres projets viendront s’y ajouter.

Tout d’abord, Michel Vachon, initiateur des Volontaires autonomes en 2008 nous accompagne dans le démarrage du projet Pérou 2009 tout en participant et animant les rencontres. Des 6 personnes ayant participé l’an passé, 2 personnes retournent finaliser le projet de la Casa Rosa Lluncor, soit Daniel Gagné et Françoise Charbonneau. De plus, Nicole Marcil et son conjoint André Rainville, le conjoint de Françoise, Jean-Louis Leclerc ainsi que Léandre Lahaie et Linda Dutil font partie de l’équipe. Michel Vachon, quant à lui, visitera le Pérou tout en consacrant une partie de la durée de son séjour aux activités des Volontaires autonomes.

Voici, en résumé, les travaux envisagés à la Casa Rosa Lluncor pour le mois de mars 2009 :

- Enlever le toit de l’année dernière pour le remplacer par un toit à pente avec une charpente en aluminium et recouverte de tôle ondulée ;

repeindre les murs extérieurs de la Casa au complet ;

- repeindre toutes les pièces à l’intérieur de la Casa ;

- aménager un patio sur le toit de la maison près du réservoir d’eau ;

- ajouter de la terre et semer de la pelouse ;

- sécuriser la clôture de ciment par des pics de métal.

Le projet s’est déroulé au cours de la période du 6 mars au 25 mars 2009. À notre arrivée au Pérou le 4 mars. Michel Vachon qui est au Pérou depuis le 24 janvier, nous attend à l'aéroport pour nous accueillir et nous nous rendons à l'hôtel San Francisco.Vers 14 heures le lendemain, nous partons visiter la Casa Rosa Lluncor à Collique. Nous nous déplaçons en combi (mini bus) ce qui prend environ 1 heure. Nous visitons également nos familles d’hébergement, familles qui ont été sélectionnées par Célestina. Nous revenons à l’hôtel San Francisco pour repartir le lendemain matin pour Collique.

Le vendredi 6 mars, nous nous installons dans nos familles respectives. Daniel et André se rendent dans les entreprises de matériaux de construction. Cette partie du travail est pénible, puisqu’en plus de la difficulté de communication, la qualité et la quantité du matériel laisse à désirer. À tous les jours, nous devons nous accommoder et composer avec la réalité du Pérou.

Le samedi 7 mars, nous rencontrons les dirigeants de la maison, déterminons les travaux prioritaires à réaliser et discutons de la façon de les réaliser. Nous engageons l’ouvrier Jorge David Pisconte Paredes qui travaille à la Casa Rosa comme bénévole. Nous l’engageons comme personne-ressource. Il recevra donc rémunération pour les 3 prochaines semaines. C’est avec son aide que Daniel négocie auprès des fournisseurs afin d’obtenir les matériaux dans les meilleurs délais et au meilleur prix. Daniel et André, retournent acheter des matériaux nécessaires et reviennent en fin de journée avec un camion chargé de gypse, des feuilles d’amiante, du 2 x 4 de métal et des escabeaux. Ainsi, nous pourrons commencer dès lundi matin.

Au cours des premiers jours, nous sommes donc 8 à travailler à la Casa. On se divise les tâches. L’équipe d’hommes, composée de Daniel, Léandre, André et Jean-Louis, sans oublier Jorge, le péruvien, se concentrent sur les travaux au deuxième étage, soit en premier lieu, refaire le toit.


L’horaire de travail est du lundi au vendredi, de 8 h 15 à 17 h environ. Nous prenons une heure pour dîner dans un resto tout près de la Casa et nous nous retrouvons en fin de journée à prendre une bière avant de rentrer dans nos familles respectives.

Lundi le 9 mars, les hommes s’affairent à enlever le revêtement et la structure de la toiture existante pour ensuite commencer à montrer une nouvelle structure en pente pour la nouvelle toiture. Les connaissances et l’expérience de chacun sont mises à contribution. Dès la première journée 40% de la nouvelle structure est montée. L’équipe est compétente.



Pendant ce temps, l’équipe de femmes, Françoise, Nicole et Linda se concentre sur les travaux de peinture à l’intérieur tout d’abord et, à l’extérieur par la suite. Comme les matériaux sont différents, la façon de faire est également différente, ce qui semble être une tâche simple de peinture est bien différente dans la réalité. Nous devons en premier lieu, enduire les murs d’eau pour faire décoller la vieille peinture et pour les endroits où elle ne se décolle pas facilement, nous utilisons des spatules. Par la suite, on applique du plâtre à certains endroits et une couche de vernis est appliquée avant la nouvelle peinture.

Dès que ça leur est possible, nous pouvons aussi compter sur l’aide des femmes qui y vivent. Les enfants, quant à eux, nous tournent autour et veulent aider avec beaucoup d’empressement. Le tout se déroule dans la bonne humeur, chacun y met du sien et une bonne partie de notre temps se passe à chercher nos outils qui se déplacent comme par magie. Nous devons également faire face au manque d’eau qui survient toujours au moment où on en a le plus besoin, c’est-à-dire en fin de journée, là où on doit tout nettoyer.


Mardi, le 10 mars, les hommes ont complété la structure de la partie avant de la bâtisse et ont commencé celle de la partie arrière. Les femmes quant à elles, ont terminé la peinture de la salle de lavage.
Le 11 mars et 12 mars, les hommes ont complété la partie arrière et poser le placoplâtre à l’intérieur et l’amiante à l’extérieur. Également poser l’éternit (feuillard de plastique ondulé) sur la toiture au complet. Les femmes ont commencé la peinture des chambres, elles doivent démonter le mobilier et le déplacer dans le corridor. Heureusement, dès qu’un des hommes le peut, il apporte son aide à l’équipe de femmes.

Vendredi, le 13 mars, le soudeur engagé pour sécuriser la clôture en installant des pics, commence ses travaux en matinée.

Cette première semaine s’est très bien déroulée. Nous avons avancé, malgré tout, au-delà de nos espérances.


Au cours de la deuxième semaine, les femmes ont continué la peinture tout en ayant de l’aide des hommes puisque les travaux au deuxième étage se déroulent bien. Cette semaine est consacrée à tirer les joints de gypse, sablé et commencer la peinture. Mercredi, les hommes ont commencé à installer un deuxième réservoir à eau et fait du ménage. Vendredi, ils ont installé la gouttière et l’installation d’un deuxième réservoir à eau. De plus, l’installation de deux ventilateurs devenait nécessaire puisque il y fait plus chaud. Le bureau de la responsable de la Casa a également été déménagé au deuxième étage, nous y avons étalement installé le système téléphonique.
À la fin de la deuxième semaine, les travaux à la Casa sont presque terminés. Les femmes avec l’aide des hommes ont fait la peinture extérieure (sur 2 murs). Le soudeur a terminé la clôture, nous lui avons demandé d’ajouter des contre marches et des barreaux à la rampe d’escalier pour éviter que les enfants se blessent.

Après la deuxième semaine, Nicole, André et Linda quittent pour Lima et reviendront le mardi pour une fête organisée par les responsables de la Casa Rosa Lluncor.

La troisième semaine est consacrée à :

- Peindre le mur extérieur de la toilette du deuxième étage ;
- mettre du ciment dans le haut de la clôture pour solidifier les pics ;
- réparer un tuyau du réservoir à eau ;
- faire le ménage.



Au cours de cette troisième semaine, le mardi 24 mars en après midi, nous sommes tous présents à la fête organisée en notre honneur. La maison est décorée, on nous offre du gâteau et chacun un présent. Avec grand plaisir, nous passons quelques heures avec eux, avant de repartir pour Lima avec cette fois, Françoise et Jean-Louis.

Daniel et Léandre resteront sur place pour le reste de la semaine et partiront pour Huamparan le 30 mars, poursuivre le projet de la construction d’une école maternelle pour les jeunes enfants de cette région.

Au cours de notre séjour, nous avons pu profiter de nos fins de semaine pour faire quelques activités. Par exemple, le dimanche 8 mars, cette journée sera consacrée à la visite à la Polyclinica de la Comisión central de Salud où nous offrons plusieurs paires de lunettes que nous avons apportées avec nous dans nos bagages pour les offrir aux Péruviens.
Nous nous rendons également avec 2 dentistes dont l’une est québécoise, accompagnés de Célestina, visiter les casitas et assister les dentistes dans leur clinique dentaire auprès de la population des montagnes de Collique.


Nous avons visité également la ville de Miraflores, située à environ 20 km au sud du centre-ville de Lima. C’est une belle ville moderne située au bord de l’océan Pacifique.
La visite de Canta, petit village en montagne (environ 2, 700 mètres d’altitude) a été toute une aventure. Des paysages magnifiques, la tête dans les nuages, on y serait resté plus longtemps si ce n’est que la saison des pluies nous oblige à redescendre puisque la route, avec la pluie, devient menaçante et le parcourt périlleux. Mais, tout de même, ça en valait la peine.


Nous avons complété le travail à la Casa Rosa Lluncor dans les délais prévus et nous sommes tous très fiers du travail accompli et heureux des rencontres que nous y avons faites.

Rencontre des Volontaires autonomes

Depuis le 22 avril, le groupe au complet est de retour au Québec. Une rencontre du groupe des Volontaires autonomes a eu lieu le 11 juin au Restaurant d'ici et d'ailleurs afin de discuter de l’expérience.



Photo prise lors de la rencontre.
Absentes de la photo : Martine Ayotte et Huguette Tessier

Daniel et Léandre à Huamparan

Bonjour à tous et à toutes,

Mon dernier message montrait notre réalité sous un jour sombre. Il fait soleil maintenant depuis trois jours et ça nous a redonné un peu de pep. Je comprends les Incas d'en avoir fait leur dieu, car quand il disparaît pour laisser place à la pluie, c'est l'enfer sur la sierra. Si nos premiers jours ont été très difficiles, on peut dire que ça va mieux maintenant. Léandre a été malade pendant deux jours (un virus quelconque) avec fièvres et courbatures, mais le projet a avancé malgré tout. Les locaux pour les trois escualitas sont maintenant prêts. On a peinturé les murs de boues séchée (barro) avec de l'imprimante. Malgré le scepticisme des gens d'ici, ça a marché et la peinture a adhéré. C'est pas très esthétique, mais avec le temps et l'argent qu'on avait, c'est ce qu'il y avait de mieux à faire.

Le principal problème, c'est la lumière, car les maisons par ici n'ont pas de fenêtre et une seule petite porte qui mesure moins de 5 pieds de haut. On a acheté des toiles de plastique blanc pour mettre au plafond afin d'augmenter la luminosité des petites ampoules de 100 W, les plus fortes qu'on a pu trouver par ici. On a aussi fabriqué des bancs et des pupitres avec des planches brutes d'eucalyptus, un bois qui se travaille très mal quand on pas les outils nécessaires. Rien que d'enfoncer un clou de 3 pouces peut prendre 5 minutes, quand on y parvient. Malgré tout cela, on a inauguré l'école du secteur de Santa Rosa, celle qui fonctionnait l'an passé, vendredi dernier. Une petite fête, beaucoup de niños et de madres en jupes de laine incas, de grands discours en quéchua (pas de moi naturellement) et distribution des cuadernos et autres matériel scolaire ramenés de Lima. La participation des parents est au-dessus de nos espérances, bien que Celestina n'en soit pas très satisfaite.

Demain, nous inaugurerons le local du secteur de Ocopampa en matinée et celui de Vista alegre en pm. Ensuite nous rencontrerons les promotoras (c'est ainsi qu'on les appelle vu qu'elles n'ont pas les qualifications exigées par le min. de l'Education du Pérou ou OJEL). On va quand même tenter de leur faire suivre le programme du niveau Inicial. On s'est assuré la collaboration de deux professeurs chevronnés de Huari qui vont superviser l'enseignement des trois écoles. De plus Celestina aura l'oeil au grain et fera sa tournée trois fois dans l'année. On a fondé un organisme pour s'occuper du projet et on va l'enregistrer auprès de OJEL, distrito de Huari Ça s'appellera .Pour chacune des écoles, un comité de parents a été mis sur pied et on va rencontrer l'exécutif mercredi pour leur expliquer les grandes lignes du déroulement, ainsi que leur implication que l'on souhaite de leur part.

Aujourd'hui, je vais ouvrir un compte à la Banco de la Nación afin de verser la subvention qui servira à payer les professeurs au cours des prochains mois. On va également ouvrir un autre compte à Lima, afin de verser régulièrement le reste du budget, selon l'état d'avancement de chacune des trois écoles. C'est un peu compliqué vu que nous ne sommes pas citoyens du Pérou, mais nous avons trouvé des personnes de confiance qui vont ouvrir les comptes au nom du projet et au nom de l'Ong péruvienne qui va chapeauter le tout, soit la Comision central de Salud de Collique. Une partie seulement du budget prévu pourra assurer le fonctionnement cette année. Le reste pourra servir pour l'an prochain ou pour pallier à des difficultés en cours de route.

Hier, journée de congé. On a fait une excursion sur le chemin des Incas, qui passe un peut partout autour de nous. On tombe sur des ruines de 2000 ans presqu'à chaque pas. Sinon sur des troupeaux de moutons ou de chèvres qui arpentent ce même chemin depuis la nuit des temps en le fertilisant copieusement des restes de leur repas, Mon espagnol a d'affaire à se dérouiller et je bafouille souvent, ce qui crée parfois des malentendus parfois comiques, parfois tragiques. Je reviendrai avec un peu de quéchua en prime et en me demandant quelle langue au juste je suis supposé parler en ce monde. Nous terminerons notre séjour cette semaine. Je vous redonnerai des nouvelles bientôt.

Daniel Gagné
Volontaire autonome

Projet - garderie zona III

Bravo aux Volontaires autonomes du projet Casa Rosa Lluncor et aux Volontaires autonomes du projet Hogar Acogida Caritas Felices! Les deux premiers projets des Volontaires autonomes sont maintenant complétés, je vous présente le troisième projet.

Projet de garderie à Nueva Esperanza, Collique zona III, district de Comas.

La garderie est située dans le secteur de Nueva Esperanza distrito de Comas provincia y Departamente de Lima. Il s'agit d'un projet un peu différent des autres puisque nous y retrouvons la participation de personnes provenant de quatre pays différents pour le moment...

PÉROU
La municipalité de Comas s'implique en fournissant le terrain et les machineries pour nettoyer le terrain qui était recouvert par les ruines d'une ancienne garderie qui a brulé il y a plusieurs années. La municipalité a émis le permis de construction ainsi que le permis d'exploitation.

LA HOLLANDE
L'Asociación Perú Holanda assume les coûts pour les chaises et les tables et le matériel didactique nécessaire au bon fonctionnement de la garderie.

LA FRANCE
Le groupe Pasa Por Te de France assume une partie des salaires des professionnels nécessaires au bon fonctionnement de la garderie en collaboration avec l'Associacion de Promocion, al desarrollo y prevencion al maltrato familiar WARMIKOLLEQ.

CANADA, Québec
Les Volontaires autonomes : Pour le démarrage du projet, la municipalité de Comas exigeait des responsables du projet l'assurance qu'il y aurait un petit bâtiment sur le terrain pour la première année de fonctionnement. Il fallait un coup de pouce pour que les autres partenaires passent a l'action. C'est fait! La Hollande a déjà offert le matériel nécessaire. La France maintient son offre de défrayer une partie des salaires des professionnels qui travailleront à la garderie et les Volontaires autonomes s'occupent de l'achat et de l'installation de la petite casa préfabriquée. Comme il est mentionné dans le dépliant des Volontaires autonomes, nous devons favoriser l’implication de la population locale dans les travaux afin de mettre en valeur le développement durable tout en respectant les différences culturelles.

Notre premier principe est d’apporter, par le biais d’une contribution financière, des moyens concrets pour qu'une population puisse avancer vers une autonomie plus grande, être en mesure de se développer par elle-même selon ses aspirations, et finalement briser le cercle de la pauvreté. Les deux initiatrices de ce projet de garderie : une psycholoque, Rocio Vasqez Melo et une sociologue, Milagros Terrones Paredes travaillent à la formation d'un premier comité de parents qui représenteront les 20 premières familles à bénéficier des services offerts par la garderie. Elles sont soutenues dans leur travail par des professionnels de l'Associacion de Promocion, al desarrollo y prevencion al maltrato familiar WARMIKOLLEQ.

Dans un premier temps, les Volontaires autonomes ont fait l'acquisition d'une petite maison préfabriquée qui sera installée sur une base de ciment par les gens du village de Nueva Esperanza. Cette petite maison servira pour le démarrage du projet et sera par la suite intégrée au projet de garderie pour 60 enfants. J'ai versé un premier montant de 3 000 soles à l'organisation, le 5 mars. Ils avaient un mois pour faire l'achat et l'installation de cette petite maison préfabriquée sur la partie de terrrain nettoyé par la municipalité de Comas. Un autre montant de 3 000 soles a été versé, le 30 mars, pour terminer l'installation de la petite maison et préparer un terrain de jeux pour les petits enfants. Le 30 mars, je suis allé rencontrer la présidente de l'Associacion Warmikolleq, la Sra Hermelinda Prieto Durand, el Sr Santiago Custodio, responsable des travaux publics pour le district de Comas ainsi que la directrice de l'Association Warmikolleq, Sra Rocio Vásquez Melo et son adjointe Milagros Terrones Paredes pour faire le point sur le développement de ce projet. (Des personnes dynamiques et très impliquées dans le développement de Nueva Esperanza). Voilà ce que j'ai pu constater : La municipalité a déjà procédé à la démolition des anciens bâtiments. Les résidents du secteur ont récupéré le métal, les fils électriques, les tuyaux et tout ce qui était récupérable dans ces décombres... Un partie du terrain a été complètement nettoyé et le reste devrait se faire cette semaine. Nous avons acheté la petite maison préfabriquée et elle est présentement entreposée en attendant que le plancher de ciment soit terminé. Elle est plus grande que j'avais imaginé... Elle mesure 6 mètres x 7 mètres. Elle a une porte et 5 fenêtres à barreaux de métal et une petite salle de bain avec toilette et évier. Elle sera installée sur un terrain de 42 mètres par 14 mètres au centre de Nueva Esperanza, un don de la municipalité de Comas.

L'Associacion Perú Holanda a déja donné l'argent pour faire l'achat des tables et des chaises et du matériel didactique.Le groupe Pasa Por Te de France a confirmé sa participation pour défrayer une partie des coûts des salaires des professionnels qui travailleront à la garderie. Le montant n'est cependant pas encore fixé...Le service de garderie sera offert gratuitement aux familles du secteur. Les parents devront en retour participer à des séances d'information et de formation portant sur la nécessité de la stimulation précosse pour prévenir les troubles d'apprentissage scolaire, sur la saine alimentation et la nutrition équilibrée, les droits humains, la protection des enfants, la violence familiale, etc. On songe même à un programme d'alphabétisation pour les parents de ces enfants.Les responsables de la garderie croient pouvoir offrir les services de garderie d'ici un mois. Personnellement, je dirais d'ici 2 mois, mais il s'agit de leur défi et je souhaite fortement qu'ils le réussissent...

La participation des Volontaires autonomes est de 6 000 soles (2 000 $ US). Nueva Esperanza est située à environ 4 kilomètres dans la montagne en face de la Casa Rosa Lluncor. Un endroit qui ressemble à la zone 8 de Collique. Très pauvre et pas très propre... J'ai quelques photos de l'endroit que je partagerai avec vous à mon retour au pays le 6 avril.

Muchas gracias a todos y hasta pronto!
Michel Vachon
Initiateur des Volontaires autonomes

Pas facile à huamparan

Nous sommes à Huamparan depuis seulement 4 jours et il me semble que ça fait un an. Tout est difficile ici, en plus d'être au ralenti. Il a plu tous les jours depuis notre arrivée, sauf aujourd'hui et il fait froid. L'humdité nous pénètre jusqu'à l'os et on n'arrive pas à faire sécher quoi que ce soit, pour la bonne raison qu'il n'y a aucun chauffage dans la maison que nous habitons. Il n'y a pas de fenêtre non plus, ce qui fait qu'on a l'impression de vivre dans le fond d'un donjon du Moyen-Âge, rats et puces fournies.

J'épargne les détails de peur de passer pour un plaignard. On a hâte de se rabattre sur Lima, mais le projet n'avance pas vite. En arrivant ici, une surprise nous attendait; il n'y avait pas une école à mettre sur pied, mais trois. Je crois que je n'ai jamais autant travaillé de ma vie. En trois jours à peine, on a mis sur pied trois comités de parents, trouvé des responsables pour chacun d'eux, recrute trois professeures, un coordonnateur pour les trois écoles, trouvé deux locaux (l'une des écoles avait déjà été aménagée), commencé à rénover les deux locaux (construire des bancs et des pupitres, peindre les murs, revamper l'électricité, installer des tablettes, etc. On avait aussi acheté quatre caisses d'articles scolaires à Lima avant de partir et on va les répartir entre les trois écoles.

Huamparan est un bled tellement vaste qu'il est impensable de fournir des services scolaires aux petiots de 3 et 4 ans avec une seule école. Actuellement nous avons loué les trois locaux (pour une somme symbolique) qui sont situés á différents niveaux d'altitude. La partie la plus haute (arriba) se nomme Santa Rosa, la partie centrale, Vista alegre et la partie la plus basse (abajo), c'est Ocopampa. Avec l'aide de parents bénévoles, on pense à débuter les classes au début de la semaine prochaine. On va organiser une petite fête dans chaque école pour l'inauguration.

La misère qui règne ici est indicible. Il faut vivre dans l'une de ces familles pour comprendre. Il y a beaucoup de malnutrition (les enfants ne mangent que des patates bouillies avec du piment fort et pas tous les jours), de négligence parentale, et beaucoup d'isolement. On vit à peu près comme il y a deux cent ans chez nous. Les gens ont trés peu de contacts avec le monde extérieur. Entre eux ils parlent uniquement quéchua. Leur espagnol est trés difficile á suivre pour nous. Evidemment Internet et le léléphone sont inconnus (sauf les cellulaires) et si je peux t'écrire aujourd'hui, c'est parce que nous sommes descendus à la ville la plus proche Huari, à une heure de route de Huamparan. Route est un bien grand mot pour décrire cette piste de boue et de nids de poule dans laquelle les autos ne peuvent rouler à plus de 30 km/hre et encore, quand elle n'est pas bloquée par un camion de bois qu'on charge en coupant le chemin à tout le monde pendant des heures. Heureusement que notre chauffeur connaissait des sentiers alternatifs dans lesquels il a pu nous prouver que son véhicule était amphibie!!!

Nous ne savons pas si chacune des petites écoles va survivre a une année de fonctionnement. C'est vraiment de la médecine de brousse que nous faisons. Mais ce que nous savons sûrement c'est que ces gens ont besoin d'aide. On a pris la chance de leur faire confiance, car on n'a vraiment pas d'autre choix. Celestina, l'âme dirigeante de ce projet, va venir faire un tour de temps en temps (à tous les trois mois environ) à partir de Lima (14 heures d'autobus sans toilette) pour vérifier s'il n'y a pas d'abus et dépanner ceux qui ont besoin d'aide.

Heureusement qu'il y a eu du soleil aujourd'hui pour me redonner confiance en notre mission ici et que la santé est bonne malgré que nous sommes incapables de prendre les mêmes précautions qu'à Lima et que notre régime alimentaire en est un de subsistance et végétarien à part cela. Je ne sais pas quand je pourrai redonner des nouvelles. Il nous faut retourner pronto, car le dernier combi pour le retour part vers 16hre et il est 15h30. Il est vrai qu'ici il n'y a pas d'horaire. Le chauffeur part á l'heure où il peut faire place comble. Et s'il n'y en a pas suffisamment, ben il ne part pas.

Salut la compagnie!
Daniel Gagné

Départ pour Huamparan

Bonjour à tous et à toutes,

Nous sommes à quelques heures du départ pour Huamparan, le petit village des Andes où nous nous rendrons, Léandre et moi pour démarrer un projet de petite école rurale, une maternelle. Cette semaine nous avons terminé les travaux à la Casa Rosa Lluncor pour femmes maltraitées. Puis nous sommes allés magasiner des articles scolaires pour les enfants de Huamparan. En tout, nous avons rempli 4 caisses de matériel (environ 50 kg au total) pour la modique somme de 200 $ CDN environ. Les filles de Celestina nous ont amené chez un grossiste en papeterie où nous avons bénéficié de bas prix, compte tenu de la quantité achetée. Ça nous fera plus de sous pour couvrir les autres dépenses.

À la Casa Rosa Lluncor, tout va bien. Sauf qu'il y a eu un bris de la pompe à eau hier et un dégât d'eau s'en est suivi. Heureusement que Jorge, notre ouvrier péruvien, s'est empressé d'aller régler le tout, sans qu'il y ait de gros dommages. Les promotoras (intervenantes) ont commencé à utiliser les locaux que nous avons aménagé au deuxième étage et elles sont très contentes d'avoir un local spacieux, confortable et surtout tranquille à la portée de la main pour faire leurs entrevues et leurs thérapies avec les clientes de la maison. Auparavant, elles devaient travailler dans une pièce exigüe, où les enfants et les autres femmes entraient et sortaient en coups de vent à tout moment. Ce sera un grand soulagement pour elles. Aujourd'hui, nous sommes allés, Léandre et moi, rencontrer un jardinier qui va aménager la cour avant. Il va semer du gazon et planter des arbres (pour faire de l'ombre et tenir compagnie à notre petit cucarda, toujours en fleurs) ainsi que des plantes grimpantes (dont une vigne d'Italie) pour donner à notre clôture de barbelés un aspect moins lugubre. J'ai hâte de voir le résultat à notre retour dans deux semaines environ.

Pour ce qui est de Huamparan, nous aurons entre 12 et 16 heures de bus à subir, tout dépendra de l'état des routes de montagnes, souvent bloquées par des éboulements en cette saison des pluies dans la sierra. Une fois rendus, nous aurons à mettre sur pied un comité de parents pour assurer la pérennité de notre école. Nous avons déjà une enseignante à l'oeuvre, mais son local (une chambre de la maison de son père) et son matériel laissent à désirer. Nous allons être accompagnés par Celestina (la maman de la famille où nous habitons ici à Collique), son mari et une de ses filles (ainsi que son bambin de deux ans) qui vont beaucoup nous aider à sensibiliser les parents de cet endroit. Celestina et son mari parlent le quéchua, ce qui sera un grand atout pour nous. Ensuite, suivront les travaux de construction et rénovations, si les parents manifestent un peu de bonne volonté pour assurer le suivi du projet.

La semaine sainte arrive à grands pas et comme il s'agit de communautés très religieuses, on prévoit que les choses iront au ralenti la semaine prochaine. On n'a qu'une semaine pour s'organiser. Ce qui est bien peu dans un pays qui fonctionne á l'heure péruvienne!!! Je ne crois pas qu'on aura accès à Internet de là-bas. Il faudra se rendre à la ville la plus proche, Huari, à 45 minutes d'autobus de là. Donc, on ne pourra pas donner de nos nouvelles aussi régulièrement qu'on pouvait le faire ici. On s'attend à demeurer chez un fermier, frère d'Alejandre, mari de Celestina. On devra transporter nos matelas avec nous. En fait la quantité de bagages qu'on va traîner et monstrueuse. Je ne sais pas comment on va pouvoir arrimer tout cela sur le toit de l'autobus, sans perdre un morceau dans les virages en tête d'épingles qui se succèdent les uns aux autres dans ces montagnes imposantes. Sans parler des tunnels et des ponts de fortune sur des torrents démontés.

Bref, c'est l'aventure. Comme on les aime à 20 ans, mais un peu moins á 60!!!

Hasta luego! et Bonne semaine à tous.
Daniel Gagné,
Volontaire autonome

Retour à Lima

Si vous vous souvenez, lorsque nous sommes arrivés au Pérou, Michel Vachon nous avait réservé des chambres.

À notre arrivée à l'aéroport, à la blague, il nous avait prévenus que les seules étoiles qu'il y avait à cet hôtel seraient celles que nous verrions dans notre miroir. Les chambres ressemblaient davantage à un dortoir. Deux semaines à Collique nous a suffit pour trouver que cet hôtel était vraiment confortable. À notre arrivée, ils nous donne une serviette, un précieux rouleau de papier de toilette et une petite savonnette rose fluo (on est aux anges).

C'est incroyable comment on peut s'adapter, ce matin, j'avais le coeur gros à laisser la famille, mon lit, ma petite routine qui, l'air de rien s'était déjà installée. Je devais changer les choses alors que tout allait bien. Le travail le jour, alors que nous formions une belle équipe, les journées passaient tellement vite et nous étions satisfaits du travail accompli. Le soir on se retrouve à boire une bière et se taquiner un peu. Vers 18 h 30 on retrouve la famille d'accueil, on placote et on se couche tôt. J'avais réussi à me passer de bien des choses sans trop m'en rendre compte puisque cette famille accueillante, savait nous rendre à l'aise.


Tremblement de terre

Jeudi, tôt le matin, quelques-uns d'entre nous ont perçu les secousses d'un tremblement de terre quant-à-moi, je n'ai rien senti, il parait que la maison a bougé. Ça m'a rappelée qu'on oubli souvent quant, aux nouvelles, on entend de telles catastrophes, on ne se sent pas concernés par le problème mais j'ai réalisé tout à coup si ça devait arriver ici à Collique, à cette famille d'accueil, où il y a 3 familles qui vivent sous le même toit : des parents, des grands-parents des frères et des soeurs tous ces gens qui s'aiment beaucoup et qui, probablement ressemblent à toutes les familles d'un peu partout...prendre le risque d'aller vers les autres, de créer des liens, c'est aussi accepter que l'attachement puisse parfois nous faire souffrir...La famille de Célestina

Même après 2 semaines 1/2, je n'ai toujours pas démêlé tous les membres de cette belle famille. D’abord, c'est une maison à trois étages : au dernier étage, vit 2 adolescents dans, ce que je pourrais appeler, une remise... chacune la leur. Il y a aussi les chiens (10) au total. Ils ne sont pas très gros mais tout de même 10 chiens qui ne sortent jamais de leur toit. Au 2e étage vit 2 filles de Célestina avec leur famille respective. L'une est la mère des 2 adolescents en question et a aussi un petit bébé, Yum, de 6 mois et dodue comme un petit bouda. C'est un bébé heureux, on ne l'entend jamais se plaindre mais il faut dire que sa mère l'a toujours dans les bras. L'autre fille Milvia est la maman de Matchi, elle est très préoccupée par tout ce qui touche l'alimentation saine. Parfois, tôt le matin (7 h 30), elle reçoit des clientes pour leur fait goûter des produits nouveaux. C'est une maison où il y a un va et viens constant. L'une de ses filles est propriétaire de 3 taxis, son mari est policier. On ne voit pratiquement jamais les hommes dans cette maison, ils travaillent 7 jour sur 7, partent tôt et rentrent tard. Célestina est un petit bout de femme qui vient de la région de Huamparan (où Daniel doit se rendre avec Léandre). Elle est vive, ne paraît pas son âge, elle n'arrête jamais. Très impliquée dans sa communauté, elle a peu mais donne beaucoup. C'est une personne remarquable et très attachante.

Tout ce beau monde travaille énormément et reçoit peu en salaire. Collique est bâti dans un désert il y a toujours de la poussière, partout partout...on constate que les gens font leur possible pour maintenir leur environnement propre mais c'est presque impossible, il y aussi le manque d'eau. Presque à tous les soirs on devait faire face à ce problème : pas d'eau pour laver les pinceaux, les plateaux, les rouleaux...ce qui compliquait grandement les choses.Mais tout de même...nous sommes tous bien heureux du travail accompli nous y avons laissé un peu de nous et aussi un peu de vous tous parents et amis. Nous y avons été bien accueillis, partout, dans toutes nos familles.

Les femmes et les enfants de la Casa Rosa Lluncor ont également apprécié notre séjour parmi eux, nous en sommes convaincus malgré le fait que ça n'a pas toujours été facile pour eux également.Jean-Louis et Françoise sont arrivés à l'Hôtel San Francisco depuis mardi soir et resteront ici jusqu'à leur départ la semaine prochaine. Le trio, Linda, Nicole et André....nous partons dans 2 heures pour l'aéroport avec la conviction que nous reviendrons au Pérou un jour...Le Machu Picchu, ce sera pour la prochaine fois.


Au plaisir de vous revoir,

Les volontaires autonomes

L'équipe à Hogar Felices

Bonjour a tous,

Des nouvelles de nous. Et bien, nous ne pouvions vous écrire car dans le bidonville où nous étions, l'accès à Internet était pratiquement impossible et le Hogar ne peut l'utiliser plus de une heure par jour. Il y a une restriction au niveau des lignes qui sont utilisées par plusieurs personnes. C'est le même problème pour le téléphone qui est partagé par plusieurs personnes comme dans le temps au Québec sauf qu'on n'entend pas les personnes parler. La ligne est tout simplement impraticable et là encore, il y a une restriction de temps (pas plus de 30 minutes par appel et très souvent moins). Donc les personnes qui téléphonent au Hogar, parlent quelques minutes, raccrochent et retéléphonent. Nous sommes vraiment dans un bidonville. Pas de lumières de rue, des routes de sable qui ressemblent davantage à des sentiers (il est difficile d'y croiser une autre voiture). Ici, les péruviens sont gouvernés par la peur. Impossible de sortir seule, chaque fois que nous devons nous déplacer il faut être plus de trois, de préférence cinq. Inutile de vous dire que parfois cela complique les choses. Comme des filles fréquentent l'école à Lurin, le Hogar possède un Kombi, sorte de vannette version allongée, au toit plus haut qui normalement est fait pour 10 personnes mais où l'on s'entasse à plus de 25 personnes! Alors être cinq pour aller les chercher et les reconduirent devient un sport pour entasser tout ce monde dans le petit véhicule. De plus, le Kombi de la Hogar est en très piteux état. Imaginez une voiture dans un dépotoir qui a été recyclée et vous avez a peu près l'image de l'état du Kombi. C'est une vrai bataille à chaque fois pour réussir à changer les vitesses, surtout la première et le reculon. Ici, il manque cruellement de nourriture. Voici à peu près le menu qui est servi: pour le déjeuner; majoritairement du pain sec et de l'eau (pour nous), du lait bouilli (pour les fillettes). Le dîner: riz avec des lentilles, ou des patates douces ou des bines ou des pois et pour le souper le même menu que le dîner mais majoritairement froid. De la viande? Avec de la chance un petit morceau gros comme notre petit doigt se retrouve dans notre assiette. Parfois, les enfants ont des fruits comme collation mais rarement des légumes.

Le 9 et 10 mars nous étions un peu perdues, il y avait l'adaptation à notre nouvelle alimentation, au nouveau lieu et aux fillettes. Il y a d'abord eu une réunion pour faire connaissance et pour parler de mon expérience. Les religieuses étaient très contentes car c'est la première fois que les fillettes rencontraient une adulte qui avait vécu le même drame et qui s'en était sortie. Le moment a été très intense. La barrière de la langue et le fait que je devais être accompagnée par une traductrice n'a pas permis aux fillettes de me poser beaucoup de questions mais, elles m'ont observer beaucoup et des liens très fort se sont tissés.

Note de Linda : ici s'arrête le message de Martine. Depuis, quelques jours elles ont quitté la Hogar Felices. Martine, Éva et Nicole sont à Cusco (Matchu Picchu). Huguette et Gisèle sont avec nous : Linda, Nicole et André à l'Hôtel San Francisco. Nous visitons les lieux et repartons pour Collique mardi p.m. pour la petite fête organisée.

Hasta pronto!

Le groupe des volontaires autonomes

L'équipe de la Casa Rosa Lluncor

Dimanche le 15 mars

6 h 30, départ pour Canta en combi, avec Monica la fille de Célestine et son fils de 2 ans. Le mari de Célestine nous accompagne également, nous sommes 12 personnes en tout (à croire que ce chiffre nous suit partout). Nous devons faire 3 heures de voiture pour nous rendre en montagne dans les Andes (environ 120 km à faire) Canta est le Machu Picchu des péruviens, ici, il n'y a pas de touristes, pas plus qu'à Collique. Plusieurs péruviens prennent cette destination puisque le Machu Picchu appartient maintenant aux touristes. La route est sinueuse et à plusieurs endroits l'eau forme un ruisseau qui recouvre complètement la route. À un endroit, nous avons dû descendre de voiture et la pousser avec l'aide des ouvriers de la route qui s'y trouvaient. Personne n'a pensé à prendre des photos, on n'en revenait pas. Daniel nous prévient qu'on devra redescendre avant la pluie qui débute vers 16 h. On se demande comment sera la route au retour. Il est possible qu'elle soit fermée, ce qui nous obligera à coucher à Canta. On décide de poursuivre toute de même. À notre arrivée à Canta, le groupe se sépare et se donne rendez-vous pour dîner. On s'y promène, le paysage est magnifique, nous avons la tête dans les nuages. On prend des photos et on regarde les produits offerts sur place. Au cours du dîner, la pluie commence à tomber..on pense à repartir mais avant on se rend dans un petit village plus loin. La route est périlleuse l'eau ayant rendu la paroie fragile...elle se détache par plaques...le précipice est souvent trop près, le coeur se serre...Il faut faire confiance au chauffeur. À 14 h, on est prêt pour le voyage du retour. C'est toute une expédition la descente se fait beaucoup plus rapidement, on doit traverser des cascades et on a bien peur d'y rester. Quelques gros rochers qui se sont détachés de la paroie, sont plus gros que notre bus et en plein milieu de la route!!!!! Nous devons les contourner pour passer. J'en reviens pas encore, les gars de la voirie ont de quoi s'occuper puisque c'est la saison des pluies et il n'y a pas que l'eau qui tombe du ciel.

Souper chez les Carmelites

Tout près de l'Hôtel San Francisco, 7 religieuses dont certaines viennent d'Europe et parlent français, nous ont servi un excellent repas. Leur restaurant comprend environ 150 places. Elles offrent également des repas gratuits pour les gens démunies. C'est une belle maison et ils sont bien installées. Comme j'aime faire la cuisine, je m'informe pour savoir si elles acceptent de l'aide d'étrangers. Hé oui, ce peut être une possibilité de venir y passer quelques semaines pour aider tout en apprenant l'Espagnol. Intéressant!

Léandro fait une fugue

Je dors depuis 21 h et Daniel vient frapper à ma porte...Linda!....Je me dit oh non, mon cadran n'a pas sonné! Quoi? As-tu vu Léandre???? Non. Il n'est pas rentré, on ne sait pas où il est...Je me lève...et c'est toute la maison qui est en alerte..Où est Léandro???Les plus pessimistes pensent qu'il s'est fait tabasser....On suggère il est peut-être sur Internet..On va voir Si..si...Il est là...Il revient avec une ceinture que j'avais oubliée quelques jours avant et ils l'avaient gardée. Décidément, je retrouve toujours tout...Nous sommes tous soulagés de voir Léandro sain et sauf...Célestina suggère de lui donner la fessé et elle joint le geste à la parole avec la ceinture. On a bien rit....À partir de maintenant...Interdit de ne pas dire où on va...

Le trio Linda, Nicole et André

Nous partirons de Collique dimanche pour Lima, afin d'y passer quelques jours de vacances avant le grand retour. Les travaux de la Casa sont pour ainsi dire terminés mais nous y reviendrons mardi, les femmes de la Casa nous ont organisés une petite fête pour nous remercier nous y reviendrons mardi prochain. Le départ du Pérou est prévu pour mercredi à 23 h 55 avec arrivée à Rouyn le jeudi 26 pour 17 h 13, si tout va comme prévu.

Nous aurions encore beaucoup de chose à dire de notre expérience et vous en entendrez certainement parler encore. Françoise et Jean-Louis devraient passer une semaine de plus et Léandre et Daniel poursuivront leur voyage encore 3 semaines de plus en montagne pour la construction d'une école. Daniel essaiera de continuer le blog et nous donner de leurs nouvelles.

Espérant avoir le plaisir de vous écrire à nouveau avant le départ et ajouter quelques photos (les ordinateurs ne sont pas toujours terribles ici...ça va avec le reste des équipements).

Salutations à tous nos parents et amis et merci encore pour vos bons mots
Salutations à notre groupe qui se trouvait à Hogar Félices ainsi qu'a Michel et Rino

Au plaisir de vous revoir tous!
Le groupe des volontaires autonomes

Le retour de Daniel

En arrivant à la Casa, la première chose que les travailleuses de l'APDH m'ont montré, avec une fierté qui se lisait facilement sur leur visage c'était mon petit arbre, sauvé d'une mort certaine l'an dernier.

Ce petit arbre avait poussé au mauvais endroit, au mauvais moment, dans la cour avant de cette maison, auparavant un laboratoire clandestin de drogues illégales, que rien ne destinait à devenir un refuge pour femmes et enfants violentés.

L'an dernier, il n'était pas plus à sa place pendant que nous tournions tout autour, avec nos pelles, nos pioches de ciment, nos échafauds, nos tiges de fer à armatures, nos scies et nos marteaux. Il vivait constamment en état de siège, sans que personne ne lui accorde la moindre attention, pas même lorsque nous l'arrosions copieusement chaque jour en vidant les tonneaux d'eau sale que nous utilisions pour faire le ciment.

Or, cette eau inattendue fut un baume pour ses blessures et lui permit de lutter contre son pire ennemi qui n'était pas nous finalement, mais la sécheresse. Il se mit à lui pousser des feuilles et même des fleurs. Pas beaucoup certes, mais suffisamment pour que je le remarque.

C'était sa façon à lui de lutter pour sa survie sa meilleure arme était la beauté gratuite qu'il introduisait dans notre petit monde de travailleurs au nez rivé sur les dures besognes à accomplir. Finalement ce fut très efficace comme moyen de défense contre ses assiégeants.

Je le pris en protection, lui construisant une clôture et implorai les femmes de l'arroser chaque jour où il ne pleuvrait pas, c'est-à-dire presque 365 jours par année à Lima.

C'est cet arbre-là qu'elles m'ont montré en arrivant. Des centaines de fleurs, de belles fleurs rouges brillaient dans ses petites branches comme autant de sourires à la vie. Les femmes de la Casa avaient tenu leur promesse.

Elles et moi on avait développé une vraie complicité. On savait tout le symbolisme qui se cachait derrière cette aventure un peu banale. Cet arbre-là était la personnification de leur travail et, indirectement, du nôtre. Redonner une deuxième chance dans la vie à ceux qui n'en ont pas eu au départ, aux centaines de femmes et d'enfants, arrivés ici avec le masque du malheur plaqué de force sur leur visage et que les petits soins qu'on leur accordait, arrivait à faire décoller pour retrouver des centaines de sourires ensoleillés qui ne demandaient qu'à percer au grand jour.

Dès que j'ai pu toucher à ces fleurs de mes mains, j'ai su tout de suite que je n'étais pas venu pour rien l'an passé et, que pour cette année aussi, il allait en être de même.

Daniel Gagné
Volontaire autonome

p.s. la prochaine fois j'y mettrai des photos. l'ordinateur ne me le permet pas.

L'équipe à la Casa Rosa Lluncor

Mercredi le 11 mars

Il y a sans doute de l'orage dans l'air, les enfants ne savent plus quoi inventer pour nous empêcher de travailler. Pendant qu'on reprend notre pinceau à l'un, l'autre grimpe à l'escabeau. Daniel propose de les envoyer jouer dehors...si...si! Alors il installe une toile pour leur faire un toit afin de les protéger du soleil. Aussitôt (c'est qu'il y en a des pas mal délurés) ils escaladent les murs et passent par dessus...No...No! C'est du sport extrême...pas reposante cette journée. Ils ne perdent rien pou attendre, on leur prépare une petite surprise...à suivre.

Les gars aussi n'ont pas chômés. André, haut perché sur le toit, demande au gars...Une carabine à plomb....Une quoi? (c'est que le soleil chauffe, on se demande ce qui lui prend).
André, ainsi perché a une belle vue sur le coq du voisin qui, lui aussi est perché sur le toit...André a comme qui dirait des idées d'en finir une fois pour toute avec ce volatile...On a bien rit parce qu'on partage tous ce même désir inavoué.

Jeudi le 12 mars

Les gars sont contents, ils ont terminé le toit vers 15 h 30. Tout se déroule comme ils le souhaitaient. Notre resto habituel pour dîner est fermé, on décide de s'enfoncer un peu plus dans le marché. Finalement, nous dînons pour la moitié moins du prix, entre un chien esquimau...si..si...avec des yeux magnifiques et un itinérant très mal en point. C'est la misère tout autour...mais il nous faut aussi accepter qu'on ne peut pas aider tout le monde.

Au cours de la nuit de jeudi, j'ai perdu mes illusions concernant le premier signal des coqs soit à 4 h 55 très exactement....Ben non!...à 1 h 36 je suis réveillée par une bataille de chiens (c'est qu'il y en a beaucoup dans les rues) ils se battent pour leur territoire et voilà qu'en plus les coqs en rajoutent...c'est un vacarme infernal. Tout le monde semble trouver ça normal...c'est comme ça à Collique.

Vendredi le 13 mars

Nous avons engagés un soudeur. Dès vendredi p.m., il commence à installer une barrière de protection autant pour empêcher de sortir (YÉ!) que d'entrer...ainsi, les familles seront en sécurité.


Samedi le 14 mars
Ce matin, nous sommes partis en combi (petite autobus nous permettant d’être tous ensemble) nous nous sommes rendus a Miraflores avec la fille de Célestina, Milva, et sa fille de 5 ans, Marie-Josée. Miraflores est une ville située au bord de l'océan atlantique. Le soleil était de la partie..nous nous sommes dispersés par petit groupe et y avons passé quelques heures dans les boutiques et avons dîner sur place. Belle journée, très agréable mais Nicole et Milvia ont eu une peur bleue quand Marie-Josée les a tout bonnement laissé tomber pour venir nous rejoindre à une table. Elles ne l'ont pas vu partir et nous, nous pensions qu'elle avait la permission. Heureusement, rien de mal ne s'est produit...on s'en clair pour une bonne leçon. Maintenant, on l'a à l'oeil la petite Matchi. Au retour nous avons pris 2 taxis qui ne sont pas vraiment des taxis mais bon enfin! Ca semble un peu compliqué a expliquer. Ce genre de taxi accepte de nous reconduire a Collique car il faut dire que la plupart des taxis ne veulent pas y venir….ils laissent généralement les gens au bord de Collique, car ils prétendent que c'est trop dangereux…après il faut s’arranger. Donc, on était bien content de trouver une voiture pour nous y conduire. Nous sommes revenues sains et saufs. Le lendemain, dimanche, on se leve tòt pour se rendre à Canta...je vous en parlerai la prochaine fois parce que là je dois aller rejoindre mes amigos pour travailler.

Merci à vous tous pour vos encouragements, ça fait plaisir de vous lire...on vous adore.

Salutations à Michel et Rino et notre autre moitié à Hogar Felices.

Hasta pronto,
Les Volontaires autonomes

Première semaine à la Casa Rosa Lluncor

Juste quelques mots pour vous dire que nous sommes bien heureux de notre semaine et du travail accompli. Nous sommes aussi bien contents que la fin de semaine nous permette de nous reposer un peu. Je manque de temps pour vous parler très longtemps, j’espère pouvoir le faire bientòt. Nous prévoyons visiter Miraflores samedi et dimanche, nous nous rendrons á Canta avec le mari de Célestina.

Nous tenons à saluer le groupe de la Hogar Felices ainsi que Michel et Rino qui poursuivent leur voyage. Au plaisir de vous revoir tous!

Bonne fin de semaine à tous nos parents et amis! Hasta pronto!xx

L’équipe de Casa Rasa Lluncor
Les volontaires autonomes

Détail sur le blogue

Comme les deux équipes écrivent dans le blog, chacune est identifiée par son nom et c'est toujours le dernier texte qui apparaìt en premier. Tous les textes et commentaires sont conservés au blog et les plus anciens sont visibles en cliquant au bas de la page sur ¨messages plus anciens¨. La description des projets (il y en a 4) se retrouve au tout début de l'aventure donc....complètement au bas. Afin d'éviter toute confusion, il n'y sera rien ajouté à ces textes ¨projets.¨

Le groupe de la Casa Rosa Lluncor
Les volontaires autonomes

!Wow¡ ¡Caramba!

Quel bonheur de travailler avec des personnes talentueuses, expérimentées, actives, impliquées et autonomes pour réaliser, cette année, quatre beaux projets de solidarité internationale au Pérou.

Bravo! et merci à chacun des Volontaires autonomes pour votre implication personnelle durant les cinq mois de préparation et les belles semaines que je vous souhaite pour réaliser les différents projets.

Je vous souhaite aussi de réaliser pleinement vos objectifs personnels. Un merci tout particulier à Daniel, un volontaire autonome de la toute première heure, qui a accepté de prendre la relève pour poursuivre les travaux à la Casa Rosa Lluncor tout en démarrant cette année, avec le soutien de Léandre, son premier projet de solidarité internationale personnel à Huamparam.

Pour la première fois cette année, nous avons le plaisir d'avoir avec nous, deux personnes qui viennent de l'extérieur de la région Abitibi-Témiscamingue. Mesdames Huguette Tessier de Montréal (autrefois d'Amos) déjà avec le groupe au Hogar Acogida Caritas Felices et Gisèle Paquette de Granby qui se joindra à cette équipe le 12 mars prochain.

L'an dernier, nous n'avions pas la chance d'avoir un blog comme celui-ci pour vous présenter le travail effectué par la première équipe de volontaires autonomes. J'en profite donc pour vous rappeler les noms des participants au premier projet : Françoise Charbonneau, Yvonne Cloutier, Maryse Demontigny, Linda St-Pierre, Daniel Gagné et moi-même.

C'est merveilleux de pouvoir vous suivre à distance en voyageant.

Saludos cordiales de Buenos Aires.

Michel Vachon, initiateur du projet des volontaires autonomes

On apprend à connaître Collique

D'abord, le gens qui y habitent sont très sympathiques, ils sont heureux de nous voir et ne manquent pas de nous saluer gentiment. Le matin, on voit les parents qui accompagnent leurs enfants à l'école (en costume qui leur coûte très cher), la plupart du temps, main dans la main, ou par le cou et....peu importe l'âge. Les adolescents et les jeunes adultes se mêlent aux conversations et à la vie de famille. Il y a très peu de jouets...un ballon réussit à rassembler deux belles équipes. Le jour, il fait chaud et les gens sont au travail et à l'école. Les chiens courent les rues ou occupent une partie du toit de la Casa (maison). ce sont les gardiens...ils ne sortent jamais du toit et on les entends japper presque constamment. Le soir, les rues s'animent puisque les gens vivent surtout dehors...la température est agréable, environ 22 degré c. À Collique, on apprend très vite à ne pas sortir de chez soi sans sont papier de toilette...non seulement il n'y en a pas dans les salles de bain, mais aucune toilette n'a de siège...ce qui étonne la première fois on croit qu'elle est brisée mais non, elles sont TOUTES comme ça...on s'y fait.

La nuit on entend les chiens japper et quelques fois de la musique jusqu'à 4 h du matin. À 4 h 55, c'est au tour des coqs...Les bouchons d'oreilles deviennent un bien très précieux.

Hasta pronto!
Le groupe des volontaires autonomes

L'arrivée à l'orphelinat

Le 8 mars

Nous sommes toujours à Lima mais que pour quelques heures. Nous partons ce midi pour Hogar. En attendant, moi et Eva décidons d'aller visiter les catacombes de la cathédrale de San Francisco. L'église en soi est impressionnante par sa structure, mais ensuite nous descendons dans les catacombes au sous-sol. Les tunnels sont nombreux, très sinueux et pas très haut je ne peux y circuler sur toute ma hauteur. Je marcherai donc le dos courbé tout le long de la visite. Au bout de chaque tunnel, nous aboutissons à des salles où sont classés des ossements humains. Oui, oui, vous avez bien lu des ossements humains! Les hanches avec les hanches, les fémurs avec les fémurs, les crânes avec les crânes... En fait, les crânes jouissent d'un statut particulier, car on en retrouve avec les autres ossements, histoire de rappeler qu'il s'agit d'ossements humains. Voyez-vous. Les catacombes de San Francisco étaient le cimetière de la ville. Évidemment, un jour les prêtres ont manqué de places. Un petit génie a alors eu l'idée de les classer par catégorie pour ainsi libérer de la place. Aussitôt dit aussitôt fait et d'autres corps ont pu inhumés dans les catacombes de l'église. La salle des crânes est particulièrement impressionnante. Il y a des crânes de toutes les grandeurs, mais aussi de toutes les époques, c'est macabre ce que je vais dire, mais ici on voit très bien l'évolution des crânes humains à travers les siècles!

Midi sonne nous partons pour Hogar. Et nous voyions l'envers de la médaille. Ici, il manque de tout et il y a de nombreuses réparations à faire. De très nombreuses réparations. Seulement, deux religieuses dirigent l’orphelinat comptant 62 filles. Parmi, ces dernières il y en a une qui a 16 ans qui devra quitter les lieux dans deux semaines avec son poupon de 10 mois. Le poupon est issu des agressions subies par son père et son oncle, elle ne sait pas qui en est le véritable père. C'est yeux expriment son chagrin, sa souffrance et sa peur. Nous, nous nous sentons impuissantes devant le sort qui l'attend. Il y a tellement de petites filles qui ont besoin d'aide et si peu d'endroit pour les accueillir.

Les religieuses ne peuvent garder tout le monde. Les fillettes peuvent jouir d'un lieu sécuritaire et d'instruction jusqu'à l'âge fatidique de 16 ans. Nous songeons à regarder avec les religieuses pour le long terme et comment nous pourrions les aider. Actuellement, ces dernières veulent construire une école, ici même pour tous les degrés puisque l'enseignement dans le bidon ville n'amène pas l'espoir de s'en sortir puisqu'il est très médiocre. L'école primaire est en construction, il reste celle du secondaire et du collégial. Les fillettes qui auraient plus de 16 ans ne pourraient rester sur le site, mais pourraient continuer à y fréquenter l'école. Si l'orphelinat pouvait acheter d’autres terrains alors la peut-être qu'elles pourraient rester.Ici, tout est fait de restants et meubles par des dons. Ce n'est pas le luxe, loin de là. Mais, elles ont tout de même des ordinateurs désuets, mais des ordis. Elles ont une grande tv plasma et des DVD ce sont des dons, mais les religieuses auraient besoin de sous pour les constructions et ça les sous ils n'en ont pas souvent.

Ici, les fillettes sont très heureuses. Elles n'ont pratiquement rien, mais elles ont beaucoup d'amour. Vous devriez voir quand la camionnette revient du village. Les filles courent au-devant pour accueillir Hermania Rita et recevoir une caresse et un bisou. Elles sont très bien traitées, mais travaillent dur. Les fillettes de 7 a 12 ans se lèvent à cinq heures, font le ménage du dortoir, se lavent, déjeunent, s'habillent, vont à la messe puis partent pour l'école. Les fillettes de 13 á 16 ans, se lèvent à 8 heures, elles font le même rituel que les petites mais au lieu d'aller à l'école l'après-midi font des corvées. Tous travaillent, elles font la couture des vêtements, la cuisine, le lavage enfin tout. Elles le font dans la joie est la bonne humeur. Elles cultivent les légumes dans un jardin, traient la chèvre pour le lait, ont des poules. Elles sont très autonomes. Après, les petites reviennent de l'école et tout le monde fait la sieste. Levée à 4 heures, c'est le souper puis les filles de 13 et plus se préparent pour l’école. Elles y vont de 6 heures à 10 heures le soir! Oui, le soir. Pendant, ce temps les autres jouent dans la cour. Hier nous avons joué au volley-ball. Puis tout le monde se couche et se prépare pour une autre journée bien remplieLe 9 mars.

Attacher votre tuque car j’ai vu la pauvreté dans sa plus pure expression. Nous sommes allés visiter le bibonville. Ouf, je manque de mots. Les maisons des cartons, de paille ou de bout de bois d'à peine 10 pieds carrés. Et je vous avoue que je suis généreuse. Les religieuses voulaient nous faire voir d'où venaient les petites filles. Dans cet espace restreint, ils peuvent parfois y vivre à plus de 6 et même de dix. Cette proximité avec, oncles, pères et grands-pères favorisent les abus sexuels sur les fillettes qui parfois ont à peine deux ans.Nous rencontrons une dame usée par la fatigue et la chaleur. Elle est accompagnée par son fils de 2 ans. Elle doit marcher lourdement chargée jusqu'à sa maison dans le bidonville. La religieuse lui offre de la reconduire. Nous pénétrons donc dans le coeur même de ce coin du monde si reculé qu'il n'y a ni électricité, ni eau! Elle nous fait visiter sa maison. Ils sont 6 à y vivre. C'est sale, le toit est en petite tôle troué de partout, il n'y a pas de fenêtre sauf un trou au dessus de l'évier que je n'arrive pas é voir car il sert également de rangement pour le peu de vaisselle qu'elle possède. Le linge est pêle-mêle dans des boîtes de carton. L'odeur est infecte. Il n'y a pas de toilette. Il se soulage derrière la maison dans un abri en carton. Et ici, c'est le luxe!!! Oui, vous avez bien lu, le luxe. Car, son mari et elle possèdent le dépanneur du bidonville. Alors le matin, ils empilent les matelas un par-dessus l'autre et vendent la marchandise par un trou dans le mur. L'espace de tout ça environ 15 pieds par 8... Une partie du mur de la maison est en brique, le reste en un peu n'importe quoi qui peut boucher un espace. Aucune divisions internes, et un des enfants n'a pas de lit, il dort dans un hamac au-dessus du lit de ses parents. Je touche la dure réalité de la souffrance humaine. Ici, les femmes n'ont aucun droit et les maris ont une forte tendance à la violence. La dame a peur de son mari. Je lui donne donc 7 soles, ce qui me reste dans les poches, pour de l'Inca Cola, la boisson locale, alors que ce denier n'en vaut qu'un, peut-être son mari sera-t-il plus clément avec elle aujourd'hui.

De retour à Hogar. Il y a des gens qui attendent à la porte et la religieuse leur refuse l'accès. Elles nous expliquent qu'ici, un agresseur qui est dénonce écope de 30 ans de prison. 30 ans!!! C'est loin d'être le cas au Québec mais bref passons. Les agresseurs essaient de retracer leur fille pour les faire tuer avant qu'elle ne les dénonce. Personne ne sait la vocation réelle de l'orphelinat, donc en général les parents sont incapables de retracer les fillettes. Mais, des gens essaient. Les fillettes se cachent souvent le visage devant les étrangers. Elles vivent dans la peur constante lorsqu'elles sortent de l'orphelinat. L’école devient donc de plus en plus une priorité.

La nuit s’étire sur une expérience riche mais combien souffrante, je ne serai plus jamais la même femme à mon retour.

Martine Ayotte